UNE MAGIE HAUTE EN COULEURS Il est un débat qui a court depuis des siècles maintenant. Il est un débat qui ne cessera sans doute jamais, mais dont il serait bon de clarifier les notions afin de se détacher de la forme et poursuivre notre réflexion. Etre sorcière implique bien d'autres interrogations que celles de l'étymologie de l'un ou plusieurs mots. Sorcière blanche ? Sorcière Noire ? Magie Verte ? Magie Rose ? Rouge ? D’or ? N'avez-vous jamais entendu prononcer ces termes au détour d'une page de manuscrit, d'une conversation entre sorciers ou d'un Site Internet ? Qui d'entre nous ne s'est jamais senti perdu ou gêné au milieu de toutes ces appellations ? Comment s’y retrouver derrière cet arc en ciel de couleurs, ou tout simplement derrière la question primordiale qui en résulte : la dualité noir/blanc Rares sont les discutions à propos de Magie qui n’intègrent pas le sujet de la couleur. Certains se disent sorciers blancs, mais n’hésitent pas à se venger en cas d’attaque, d’autre pratiquent la magie verte, bleue, jaune, rouge, orange ou « blanche noire élémental », comme cela s’est déjà entendu récemment. Simplement, voici un petit retour sur cette idée de couleurs ; Car ces appellations ne sont qu’une idée et certainement pas une dénomination effective. Certaines personnes prétendent que la magie a une couleur bien précise, pour chacun des buts pour lesquels on s'en sert... Blanche à des fins positives, Noire à des fins négatives, Rose pour la magie du cœur, d'Or pour la magie relative à l'argent, etc.. Croyez vous vraiment que la magie ait une quelconque couleur ? Le débat principal s'articule autour des concepts de Magie "noire" et de Magie "blanche". C'est là la part la plus importante de la polémique, polémique qui, d'ailleurs, n'aurait même pas lieu d'être puisque, peu importe sa couleur, le pratiquant de l'une ou l'autre Magie, fait exactement la même action que n'importe quel autre sorcier, à savoir orienter une Energie brute vers le but qu'il s'est fixé. Or, il s'avère que cette énergie est la même pour tout le monde. Seul change ce que l'on souhaiterait en faire. Le concept de couleurs se baserait-il ainsi sur les intentions de la personne et non pas sur les faits ? Dès lors, comment discerner ce qui est bien, et donc "blanc" de ce qui est mal, et donc "noir" ? Qui aurait la prétention de se dire juge pour qualifier les actes d'autrui de l'une ou l'autre magie ? Les intentions bonnes ou mauvaises dépendent de l'esprit de chacun et, mis à part les mœurs, rien ni personne ne devrait être en mesure de juger de ce qui est bon ou mauvais pour quelqu'un d'autre que lui-même. De ce fait, qui pourrait s'octroyer le droit de classer l'un ou l'autre des pratiquants dans la catégorie "blanche" ou "noire" ? A moins d'en être le protagoniste, personne ne peut réellement connaître les motivations qui poussent un pratiquant à exécuter un rituel quel qu'il soit. De plus, on aurait beau dire "blanc", rien ne nous confirme que notre interlocuteur considèrerait cet acte de la même manière. De même, qui, parmi nous, pourrait prétendre être pur et ne jamais avoir commis d'erreurs ou d'actes répréhensibles ? Il est un exemple tout simple qui permet de mettre fin au débat noir/blanc : le Yin et le Yang. Quelle est, dans ce symbole, la part de pureté du blanc, et la noirceur totale de l'autre partie ? Les deux forces présentent dans cette représentation à la base du Yi-King s'opposent mais se complémentent à la fois, l'une étant contenue dans l'autre et vice versa. Ainsi, rien n'est totalement blanc et rient n'est totalement noir non plus. Et s'il en était de même de nos pratiques ? Comment se prétendre sorcier "blanc", tout en ayant pleinement conscience de ce concept ? Le débat peut se prolonger bien plus loin si l'on prend également en compte les autres "couleurs" de la magie. Pour exemple, attardons-nous quelques minutes sur la magie dite "d'Or", celle relative notamment à l'argent. Imaginons qu'un sorcier tente un rituel d'Or, afin de devenir riche. Magie d'Or ? D’accord. Cependant, si l'on en croit une certaine classification citée ci dessus qui se baserait sur les intentions de chacun, sa pratique relèverait plus d'une intention noire que d'une intention blanche. Magie noire ? Imaginons maintenant que cet homme ait d’excellentes raisons de devenir riche, et que l'on prenne connaissance de ses motivations. Imaginons par exemple qu'il souhaite devenir riche par la magie afin d'obtenir assez d'argent pour assurer les soins son fils gravement malade, ou encore pour aider à la reconstruction de la maison de sa mère, brûlée suite à un incendie criminel. Dans ce cas, peut-on encore l'accabler de Magie "noire" ? Ses intentions, cette fois-ci, étaient pures, et relèveraient donc plutôt d'une pratique "blanche". Dans ce cas… Magie blanche ? Qu’a-t-il effectué au final comme rituel ? Un rituel de Magie blanche, noire ou d’or ? Ne serait-ce qu'en prenant connaissance du fond, et non pas en se limitant à la forme, notre jugement peut varier quant à sa pratique. Ne serait-ce qu'avec un simple exemple comme celui-ci, c'est toute la classification basée sur les couleurs qui s'écroule, car on ne peut pas classer un rituel dans telle ou telle couleur, puisqu'il touche grand nombre d'idées et surtout d'intentions personnelles. Pas de couleur pour la magie, donc, mais uniquement des intentions bonnes ou mauvaises, suivant la personne qui s'en sert La limite entre le bien et le mal passe par le cœur de chacun, qui est-on pour juger du bien fondé ou non de l’action d’autrui ?